👁 Regard de chargeur 👁 "Il faut faire confiance au marchĂ©" – Philip Greenfield (Cowboy)

OVRSEA part chaque mois à la rencontre de ses clients chargeurs pour évoquer l'actualité du fret et de la logistique ainsi que les défis à venir. Cette semaine, rencontre avec Philip Greenfield.

OVRSEA part chaque mois Ă  la rencontre de ses clients chargeurs pour Ă©voquer l'actualitĂ© du fret et de la logistique mais aussi les dĂ©fis actuels et Ă  venir. Cette semaine, rencontre avec Philip Greenfield, Vice President Supply Chain de Cowboy, jeune fabricant belge de vĂ©los Ă©lectriques en pleine croissance. Importance du transport ferroviaire, pĂ©nuries de composants, stratĂ©gie d’internationalisation
 Pour Le Chargeur, il revient sur les grands enjeux de supply chain de cette scale-up Ă  succĂšs.

Hello Philip ! Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis arrivĂ© en avril 2021 chez Cowboy en tant que Vice President Supply Chain, aprĂšs plus de 30 ans d’expĂ©rience sur ce mĂ©tier, d’abord comme consultant dans les Big Four puis VP ou directeur supply chain de grandes sociĂ©tĂ©s telles que Danone Waters, Toys R Us ou encore Dyson. Le poste de VP Supply Chain est nouveau chez Cowboy qui sous-traitait jusqu’alors cette activitĂ©. Avec la croissance de l’activitĂ© et son Ă©volution, elle a Ă©tĂ© internalisĂ©e.

Cowboy en bref, c’est quoi ?

PrĂ©sente sur le marchĂ© depuis prĂšs de 5 ans et en forte croissance, Cowboy est une scale-up spĂ©cialisĂ©e dans les vĂ©los Ă  assistance Ă©lectrique (VAE) urbains, plutĂŽt en entrĂ©e de haut de gamme. Notre siĂšge social est Ă  Bruxelles, tout comme notre Ă©quipe d’ingĂ©nieurs qui a en charge tout le design, le dĂ©veloppement technologique et la customisation des composants. DerriĂšre, nous distribuons dans 11 marchĂ©s en Europe et, depuis septembre, aux Etats-Unis.

Quelles sont vos particularités et enjeux logistiques ?

Notre vĂ©lo est un vĂ©lo europĂ©en. Nous avons de nombreux fournisseurs de matiĂšres premiĂšres ou de composants en Europe et l’assemblage se fait en Hongrie. Bien sĂ»r nous dĂ©pendons Ă©galement de fournisseurs asiatiques ; le transport de composants depuis l’Asie constitue donc une partie importante de notre supply chain. Comme le reste des acteurs de la mobilitĂ© aujourd’hui, nous sommes aussi confrontĂ©s aux mĂȘmes problĂ©matiques, en particulier autour des composants Ă©lectroniques. En termes de transports, nous avons recours aux trois grandes modes, mais le ferroviaire assure plus de 50 % de nos expĂ©ditions. MĂȘme si son prix Ă©tĂ© multipliĂ© par quatre depuis 2019 et que les temps de transit se sont allongĂ©s de 30 % en moyenne depuis le dĂ©but de la crise, le rail demeure un trĂšs bon compromis temps/coĂ»t. L’avion reste quant Ă  lui indispensable pour acheminer des composants urgents.

Comment cette crise a-t-elle modifié votre stratégie ?

Face Ă  des lead times de fournisseurs qui s’allongent, nous avons appris Ă  anticiper au maximum nos commandes. S’adapter consiste aussi Ă  faire du stock. Ensuite, il a fallu faire preuve de patience et engager des discussions avec les fournisseurs, notamment sur la question des prix. Sur les transports, nous avons dĂ», comme tout le monde, intĂ©grer la nouvelle donne autour des transit times allongĂ©s et faire le deuil du just in time ! Pour nous, tous ces challenges ont coĂŻncidĂ© avec une explosion de la demande dans le marchĂ© global de la mobilitĂ© Ă©lectrique.

Voyez-vous un retour à davantage de normalité en 2022 ?

Pour les six premiers mois de 2022, nous n’attendons aucun changement positif. Ensuite, tout dĂ©pendra de l'Ă©volution de la pandĂ©mie, mais Ă©galement de la capacitĂ© des fournisseurs Ă  augmenter leur production et des transporteurs Ă  amĂ©liorer leurs performances. Pour notre part, nous continuons Ă  chercher de nouveaux fournisseurs europĂ©ens ou des acteurs asiatiques engagĂ©s en Europe.

En cette fin d’annĂ©e, quel conseil donneriez-vous Ă  vos pairs ?

J’ai en tĂȘte le mot anglais grit, cette capacitĂ© Ă  rĂ©sister au cours d’un dĂ©fi. En d’autres termes : persĂ©vĂ©rer et rester dĂ©terminĂ©. Toutes ces qualitĂ©s sont aujourd’hui indispensables, ce sont elles qui permettent de toujours trouver des solutions. Dans un contexte anormal, il n’y a aucune solution idĂ©ale ! Rester focus sur ses objectifs est clĂ©. Et puis je crois qu’il faut faire confiance au marchĂ©, rester optimiste sur ses capacitĂ©s Ă  innover et trouver des solutions. C’est pour moi une conviction essentielle. Je prĂ©fĂšre toujours aborder l’avenir avec optimisme
 ce doit ĂȘtre mon cĂŽtĂ© amĂ©ricain (rire).

Trois mots sur Le Chargeur avant de nous quitter ?

En tant que responsable de la logistique, je dois rester Ă  l’écoute des nouveautĂ©s et des Ă©volutions du secteur pour prendre les meilleures dĂ©cisions. « Le Chargeur » participe tout simplement Ă  renforcer cette visibilitĂ© !