S'abonner
← Le Chargeur

Le Chargeur · n°208 · 8 janvier 2025

Après le Chinese New Year, une nouvelle ère va s'ouvrir

Le chiffre de la semaine

7 milliards En dollars, c’est le niveau de la perte financière subie par l’Egypte en 2024, à cause de l’effondrement des revenus du canal de Suez provoqué par la crise en mer Rouge. Le trafic y a chuté d’environ 60%.

Le mot de la semaine

« Au milieu d’un champ de mines, le commerce européen pourrait quand même s’en sortir en 2025. » Arthur Barillas, CEO d’OVRSEA, sur LinkedIn. Tout au long du mois de janvier, retrouvez ses prédictions transport pour 2025.

Après le Chinese New Year, une nouvelle ère va s’ouvrir

2025 a commencé avec des taux spot stabilisés entre l’Asie et l’Europe et cela devrait durer tout janvier. A moins d’un mois du Chinese New Year (29 janvier), le trade résiste et l’accès à la capacité n’est pas toujours facile. On note d’ailleurs des pénuries de conteneurs du côté de Ningbo. Il faut s’attendre à une hausse des retards dans les jours à venir à l’approche du CNY : c’est classique.

Ce qui est moins classique, en revanche, c’est ce qui nous attend en février. Le mois prochain, deux nouvelles alliances débuteront : Gemini Cooperation (Maersk et Hapag-Lloyd) et Premier Alliance (ONE, HMM et Yang Ming). Le numéro 1 MSC avancera dorénavant en solo et Ocean Alliance reste inchangé. Ce nouveau paysage, et les réorganisations des réseaux qu’il implique, peut-il faire exploser le nombre de blank sailings ? Plusieurs experts s’interrogent. Linerlytica prédit une forte hausse de ces derniers, notamment sur le trade Asie-Europe (+50% par rapport à 2023), ce qui freinerait la chute des taux. Mais tout le monde n’est pas de cet avis : Sea-Intelligence mesure pour le moment un très faible nombre de blank sailings après le CNY. Cela peut encore changer, c’est vrai, mais le scénario d’une surcapacité reste possible. La mise en place des nouvelles alliances pourrait en effet inciter les compagnies à maintenir de la capacité partout pour capter des parts de marché… quitte à laisser les taux fondre.

Etats-Unis : l’épée de Damoclès de la grève portuaire va-t-elle tomber ?

Ce mardi, le syndicat de dockers ILA et les exploitants portuaires représentés par l’USMX ont repris le chemin des négociations, selon plusieurs sources. Mais il leur reste à peine une semaine pour se mettre d’accord sur un sujet aussi fondamental que clivant que l’automatisation des ports. En cas d’échec, la grève paralysera de nouveau les ports américains de la façade atlantique et du Golfe du Mexique, ce qui pourrait provoquer une onde de choc à mesure que les jours passeront. Un accord avant le 15 janvier est un scénario très incertain.

Le scénario d’une grève courte (comme en automne) est plus probable. C’est en tout cas l’avis de Peter Tirschwell, vice-président de S&P Global, qui rappelle que Donald Trump s’est déjà rangé du côté de l’ILA. Son hypothèse, particulièrement crédible, est que Trump mettra une pression phénoménale sur l’USMX, avant d’apparaître comme le sauveur en mettant fin à la grève juste après son arrivée à la Maison Blanche, le 20 janvier.

En attendant, l’incertitude règne : les compagnies se préparent à la grève. Maersk a demandé à ses clients de récupérer leurs conteneurs chargés et de rapporter les conteneurs vides en prévision d’une éventuelle grève. De son côté, CMA CGM a finalement reporté du 1er au 15 janvier sa PSS (Peak Season Surcharge) de 1500 USD/conteneur entre l’Inde / Moyen-Orient et la Côte Est et le Golfe du Mexique. Depuis la Méditerranée occidentale (et Maroc), une PSS de 1300 USD/TEU et de 2000 USD/FEU sera appliquée à partir du 18 janvier. Hapag-Lloyd annonce une Work Disruption Surcharge (WDS) sur le Transatlantique, et une Work Interruption Destination Surcharge (WID) sur le Transpacifique, en cas de grève. MSC et Zim avaient annoncé des surcharges dès le mois de décembre.

Les taux spot sur le Transatlantique (sens Europe - Etats-Unis) ne sont pas encore affectés par la perspective d’une grève, ce qui n’est pas le cas du trade transpacifique, où les taux grimpent. Drewry s’attend d’ailleurs à ce qu’ils continuent d’augmenter, sur fond de GRI au 1er janvier et de demande robuste.

Pas (encore) de nuages à l’horizon pour le fret aérien international

Après une année 2024 détonnante, le fret aérien mondial débute 2025 sur la même tendance. Lufthansa Cargo se dit optimiste : « Les prévisions disponibles pour le fret aérien, mais aussi pour le développement économique et commercial, indiquent une croissance supplémentaire », a déclaré la compagnie au média The Loadstar. Les multiples perturbations mondiale profiteraient au fret aérien, selon le groupe allemand. Sans compter que l’e-commerce, qui a boosté le fret aérien depuis l’Asie, restera fort cette année, même si la future administration de Donald Trump tentera sans doute d’en ralentir l’essor depuis la Chine. Les flux depuis l’Inde et le Vietnam sont attendus eux aussi en forte croissance cette année. Cet optimisme est partagé par plusieurs compagnies, dont Delta Cargo.

Sur le terrain, la situation s’est apaisée depuis la fin de la période des fêtes. L’accès à la capacité s’est bien amélioré depuis l’Asie, mais on s’attend à un rebond de la demande, donc des prix, à l’approche du CNY. Après une nette baisse depuis la fin décembre, les taux sont pour l’heure stables.

En bref. Etihad Cargo lance un nouveau service depuis Paris CDG. La compagnie a inauguré, ce mardi, un service hebdomadaire entre Paris CDG et Abu Dhabi, à l’aide d’un Boeing 777 cargo. Depuis son hub d’Abu Dhabi, Etihad propose ensuite des liaisons cargo vers ou depuis Ezhou, Shanghai, Pékin, Hong Kong, Hanoi ou encore Zhengzhou.

👋 À la semaine prochaine, L’équipe du Chargeur

Sources

← Le Chargeur S’abonner au Chargeur